GENÈVE / Phoenix propose de l’archéologie de la Mésopotamie à Byzance

by Etienne Dumont


C’est sans surprise. Jeudi dernier, à Art en Vieille Ville (AVV), Phoenix Ancient Art tenait encore la vedette. Pas de réel sujet cette fois, le mot d’ordre «10» lancé pour marquer les dix ans de l’association permettant toutes les variations. Il faut aussi dire que ce commerce d’antiques a un automne pour le moins rempli derrière lui. Il vient de faire le Sofa de Chicago après avoir participé à la TEFAF Fall de New York. Il y a des limites à l’énergie et au renouvellement.

C’est donc à une réunion d’œuvres exceptionnelles qu’invite l’équipe d’Ali Aboutaam et Michael Hedqvist. L’amateur d’archéologie connaît les lieux. Il y a le rez-de-chaussée de la rue Verdaine, avec une grande vitrine pour les petits objets sur le côté gauche. Des murs anthracite. Un éclairage bien conçu. Si le premier étage abrite les bureaux, le visiteur peut ensuite descendre dans le sous-sol, qui propose sur des socles des pièces de dimensions restreintes. Elles ne se retrouvent du coup pas perdues dans l’espace. Ali Aboutaam avoue ici un faible pour un lion de bronze, qu’il imagine volontiers ayant servi d’anse pour un énorme plat. «Il ne s’agit pas là d’une œuvre romaine ou hellénistique, comme d’habitude. Cet objet magnifique remonte pour moi à la fin de l’époque classique, soit aux alentours de 400 avant Jésus-Christ.»

Deux hommes qui marchent

Que voir ou revoir par ailleurs, certains objets ayant déjà été présentés une fois comme la Cybèle assise taillée dans la pierre dure? Le choix appartient bien sûr à chacun. Je donnerai donc le mien. Personnel.

Dans le registre archaïque, j’ai été frappé par la grande olpè (une forme rappelant la cruche moderne) de style corinthien. Il y a deux  somptueux bracelets en or perses de l’époque achéménide. Deux

«idoles» des Cyclades répondant à deux typologies bien distinctes. Un grand vase grec classique à figures rouges attribué au «peintre de Boréas», avec une scène d’enlèvement. Un plat en argent sassanide.

Une clôture byzantine qui, selon Ali Aboutaam, «remonte à la fin de l’empire, vers le XIIe ou XIIIe siècle».

A près avoir tout vu avec le classeur en mains (il n’existe pas de catalogue), l’amateur peut ressortir en jetant un dernier coup d’œil à la vitrine. Elle contient un homme qui marche, comme chez Alberto Giacometti. En bois, celui-ci remonte cependant à l’Egypte des pharaons. Il a un grand frère plus à l’intérieur de la galerie. Avec la même jambe en avant. Mais il est temps d’aller, rue Etienne-Dumont à l’annexe de Phoenix. Vouée aux Young Collectors, elle propose des objets financièrement plus accessibles. Ici, tous les prix se voient indiqués. Partis de bas, ils montent tout de même assez haut.

Pratique

«Archéologie de la Mésopotamie à Byzance», Phoenix Ancient Art SA,  6, rue Verdaine, Genève, jusqu’au 31 décembre. Tél. 022 318 80 10, site www.phoenixancientart.com (http://www.phoenixancienntart.com/) Ouvert du lundi au vendredi de 10h30 à  18h30.

Photo (Phoenix Ancient Art): Le lion grec, qui a peut-­être servi d’anse à un énorme plat.

Lire l’article en ligne: http://www.bilan.ch/etienne-dumont/courants-dart/genevephoenix-propose-de-larcheologie-de-mesopotamie-a-byzance


Date
: 8 Novembre 2017

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